Le podium ! C'est l'objectif sur quelques tournois dans l'année. Un objectif difficile à atteindre sur le circuit mondial mais que l'équipe de France 7 Développement a rempli sur la première étape du Sudamerica Rugby Sevens Series le 7 janvier à Punta Del Este (Uruguay). Dans le groupe convoqué pour cette tournée en Amérique du Sud, un seul taulier : Jérémy Aicardi, à ce jour 26 tournois dans les jambes. A ses côtés, de parfaits inconnus sur le circuit mondial, mais que l'on risque de retrouver vite tant le potentiel semble intéressant : Paul Boudehent, Aurélien Callandret, Yohan Gbizie, Etienne Grelier, Thomas Hecquet, Nisie Huyard, Matthis Lebel, Guillaume Manevy, Thibault Martel, Guillaume Martocq, Mathieu Tixier et Gabin Villiere.

Un pole à 7 renforcé

L'objectif clairement affiché du staff tricolore est de profiter de l'incroyable renouvellement au sein de l'équipe (162 sélections en tout sur le premier tournoi de la saison à Dubaï comparé aux 315 la saison précédente au même moment) pour ouvrir un nouveau chapitre. Pour cela, un pole de jeunes joueurs est constitué afin d'assurer la rotation sur l'ensemble de la saison.

"Une saison passe très vite et par le passé on a parfois mis beaucoup trop de temps à comprendre et du coup on restait toujours sur les mêmes travers."

Manoël Dall'Igna

« Il faut avancer rapidement », assure le coach de France 7, Jérôme Daret. « On récupère des joueurs qui n'ont pas forcément un gros vécu à 7. Le pole France va nous permettre de digérer pas mal de joueurs, d'avoir un socle minimum et de faire la bascule. Cette trentaine de joueurs va nous permettre de gérer ce turn-over sur la saison qui est très longue et très sollicitante. »

La feuille de route a notamment été tracée par le manager Christophe Reigt. « Le Pole France à 7 est un élément important pour la constitution du groupe car ça nous permet d'avoir entre 15 et 20 joueurs à potentiel 7 pour s'entraîner de façon régulière, de faire des tournois parallèles et ce sera aussi un vivier qui servira à alimenter l'équipe de France », dit-il. « En cas de blessure, nous aurons des joueurs disponibles qui sont dans les clubs de Top 14 ou ProD2 et qui n'arriveront pas du jour au lendemain sans avoir eu des entraînements avec le groupe. »

Un cap nécessaire à franchir

« On ne repart par de zéro », nuance néanmoins Manoël Dall'Igna, vétéran de l'équipe de France à 7. « Les quelques saisons passées, j'ai l'impression qu'on ne s'est pas trop attardé à faire pérenniser ce 7 dans le sens où il n'y a pas eu beaucoup d'intégrations, de nouveaux joueurs et de nouveaux talents. Regarde les All Blacks. Les deux dernières saisons ont été compliquées pour eux car ils ont intégré beaucoup de nouveaux joueurs que l'on ne connaissait pas, qui se sont retrouvés au milieu et qui ont eu du mal à faire perdurer cette performance chez eux. On ne s'en est pas assez inspiré. » La Nouvelle-Zélande vient de remporter le Cape Town Sevens...

« Nous sommes obligés de passer par une phase d'adaptation, vivre plusieurs matches, la difficulté des tournois, l'enchaînement... il faut le vivre et surtout le digérer très vite. Je pense que nous avons des joueurs intelligents car c'est c'est très important de capter très vite ce qu'il se passe. Une saison passe très vite et par le passé on a parfois mis beaucoup trop de temps à comprendre et du coup on restait toujours sur les mêmes travers. On stagnait. »

"Il est hors de question de stagner. On sait qu'on a les capacités pour entrer dans le Top 3 sur un tournoi."

Christophe Reigt

Stagner... le mot est banni de l'encadrement. « Je ne pense pas que l'avenir du 7 en France est de stagner », s'agace Christophe Reigt. « Le jeu va très vite et les résultats vont très vite aussi. L'avantage d'avoir des tournois à répétition fait que l'on peut avoir une mauvaise place un jour et le week-end d'après aller chercher un podium. On veut aller vers cette culture-là. C'est pour cela que l'on parle de régularité. Il est hors de question de stagner. On sait qu'on a les capacités pour entrer dans le Top 3 sur un tournoi. »

Pour l'heure, après les deux premiers tournois – Dubaï et Le Cap – l'équipe de France 7 a atteint son objectif de figurer dans le Top 8 mondial. Le Cap 2016 : 9e place alors que la France affichait 335 sélections avec seulement deux débutants (dont Jean-Pascal Barraque qui participait à son 4e tournoi). Le Cap 2017 : 7e place (ex-aequo avec l'Angleterre) avec 200 sélections (un squad renouvelé de 50%). L'équipe est en train de se forger.